C'est toujours une petite journée le lundi. Je me lève doucement, j'ai le temps de tout faire bien comme il faut avant de partir. Je m'énerve contre la prof d'espagnol, je retrouve tout le monde. Cette fois-ci, j'ai un peu la tête ailleurs. Il y a le film le soir dans l'amphi. Et là dans le noir au milieu des bombes qui éclatent sur l'écran, mon portable qui vibre m'annonce une mauvaise nouvelle. C'est là que je décide de ne pas me laisser abattre, et que cette semaine sera bonne malgré tout ce qui pourra arriver ensuite. Bien sûr, je loupe la moitié du film à cause de tout ce qui tourbillone dans ma tête. Et puis je tiens ma résolution : c'est une bonne semaine. Je bosse, je bosse, je bosse. Les mots, les chiffres s'étalent sur mes feuilles. Je me plonge dans mon livre tous les soirs. Je mange peu le soir mais me force le midi ; et malgré mes efforts je renverse toujours de l'eau chaude sur mon plateau le matin. Je dors bien, sans avoir besoin de médicaments, je fais des rêves bizarres et je maudis le réveil le matin. Y a des moments de tension, mais je ne laisse rien me destabiliser. Je ris avec mon pitit pois, des jeux de mots, des blagues et une belle complicité. Léa raconte des histoires qui font peur dans le noir, et Poué se cache derrière sa peluche pendant que Bérangère nous fait sa tête d'horreur. Je parle avec les filles de ma chambre, on se raconte nos vies le soir, nos voyages, nos expèriences. Je bosse au cdi tout en riant avec les gens de ma classe ; j'aime ma classe cette année. Je fais la connaissance de Julie en histoire, parce qu'elle se retourne chaque fois que je fais une connerie genre chanter la chanson du livre de la jungle. On étudie le surréalisme avec les femmes-objets tout plein de tiroirs et les girafes enflammées ; et on partage notre philosophie. Y a-t-il un pilote dans l'avion ? Je retrouve Flow au coin d'une rue, ça me fait une grande pause. On cavale dans les magasins à la recherche de converses et on s'arrête dans un café ; plus rien n'existe sauf nous. Je m'évade dans ma musique en faisant des étirements et des écarts. Mes muscles travaillent et ça me soulage. Je n'arrive plus à sortir de mon livre. Je suis en équilibre sur la poutre, j'aime tellement tellement ça que je ne me rappelle plus pourquoi j'ai arrêté, j'ai quelques regrets mais je les oublie vite pour laisser place au plaisir de faire de la gym. Je tremble un peu beaucoup à la fin du cours mais ça passe avec deux ou trois barres chocolatées. Ces mêmes barres qu'on mange en svt, avec des Choco Pops. La mise au point des tpe. La prof d'espagnol qui pète un câble parce qu'on est trop mauvais : on comprend rien à ce qu'elle ne nous explique pas. Je vais en français ou en maths avec plaisir tandis que je déteste l'histoire. Ju m'explique les maths sur sa belle couette sans tâches. Pour la journée mondiale de lutte contre le sida, on achète nos petits rubans qu'on épingle sur nos pulls, on nous donne des préservatifs et des petits livrets, on parle même avec une sage-femme. Charlotte et Estelle parlent en quebecquois ; je raconte ma semaine à ma mère dans la voiture et on se perd en rentrant : et vous, vous me lisez en vous disant "et une semaine de plus de passée...".
Code. Cours de maths. Bossage. Guitare. Film. Frangins. Simpsons. Cuisine. Aprem' crêpes. Et je repars pour une autre semaine. Je m'amuse, mais au fond je n'attend qu'une chose... eux*. Bientôt Noël. *


Le sida ne se guérit pas encore. Pensez à vous protéger.
"So thanks for making me fighter."
Tu me manques. <3
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Je dis au revoir avec regret à l'ancienne CSS que j'aimais beaucoup beaucoup pour passer à un design plus festif. C'est le début de l'hiver (même si le froid est là depuis un bon moment), des feux dans la cheminée, des sapins et des chocolats tous les jours. Oui, bientôt Noël.
=)








